Chine: les blogueurs bousculent l'ordre établi

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Par Anne-Julie Harvey et Christian Labarre-Dufresne, étudiantes à l'Université Laval

Milieu des années 1990. Le monde fait face à l’émergence d’une nouvelle technologie: Internet. La Chine, comme la plupart des pays, s’ouvre alors à cet outil. Le gouvernement chinois estime impératif d’accueillir Internet pour la croissance sociétale, croyant être capable d’en conserver le contrôle. Vingt ans plus tard, la Toile chinoise compte plus de 380 millions d’internautes à l'ombre de la Grande Muraille pare-feu qui emploie plus de 40 000 cyberpoliciers.

Ces derniers bloquent des sites par le filtrage des adresses Internet et par les mots clés que contiennent les pages. La Chine contrôle également les noms de domaine .cn (les sites hébergés en Chine). De plus, avec l’arrivée des caractères chinois sur le Web, le PCC a créé un intranet. Ainsi, les Chinois qui se servent des idéogrammes pour parcourir le Net sont redirigés vers les versions chinoises se retrouvant sur cet intranet. Celui-ci est également coupé du World Wide Web.

Selon le classement annuel de la liberté de la presse 2010 de Reporters sans frontières (RSF), la Chine vient au 171e rang sur 178 pays. Dans ce pays, plus de 77 net-citoyens sont emprisonnés. La prison devient un moyen pour l’État de se sécuriser.

Durant les Jeux olympiques de Pékin en 2008, le gouvernement chinois a adopté une «politique de contrôle de l’information sans précédent», selon RSF. Il avait notamment étouffé le scandale du lait contaminé à la mélamine. La diffusion de cette information aurait pu sauver la vie de plusieurs enfants. RSF a donc dénoncé une «censure criminelle» pendant les Jeux olympiques.

Pendant cette même période, alors que la Chine retenait l’attention médiatique de la planète entière, elle donnait pourtant l’impression d’avoir mis un terme à la censure. Le gouvernement permettait l’accès à des sites comme YouTube, Facebook et celui de la BBC. Une fois les épreuves olympiques terminées, il a toutefois réinstauré son bouclier, rendant ces sites à nouveau interdits de consultation.

Le journalisme citoyen

Les Chinois sont en lutte constante afin de trouver des façons de contourner le système de censure. Avec l’avènement d’Internet, ils ont eux accès aux forums de discussion, eux-mêmes précurseurs du journalisme citoyen. Dans son livre Internet et la Chine, le journaliste et cofondateur de Rue89, Pierre Haski, introduit dans ses écrits une «nuance entre les blogueurs et auteurs de sites indépendants occidentaux et ceux qui apparaissent en Chine».

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.

Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani

   

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