Côte d'Ivoire: les médias choisissent leur camp
À l'issue des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, la Commission électorale indépendante a proclamé Alassane Ouattara vainqueur, mais le Conseil constitutionnel a plutôt annoncé la victoire du président sortant Laurent Gbagbo. Pendant que la communauté internationale refuse de reconnaître la réélection de Gbagbo, les médias locaux se livrent à une violente bataille partisane.
Les médias publics, en particulier sur la Radio-Télévision ivoirienne (RTI) qui avait pourtant fait une couverture très équitable de la campagne électorale, se sont rangés du côté du président sortant. Les quotidiens Le Temps et Notre Voie ont aussi choisi le camp Gbagbo, se montrant particulièrement hostiles à la presse étrangère qui souhaite, selon eux, «déstabiliser le pays».
Pour tenter de faire contrepoids à ces médias, Alassane Ouattara a décidé de lancer une radio pirate depuis l'Hôtel du Golf où il est retranché sous la protection des Casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire depuis le 2 décembre. De leur côté, les journaux critiques du camp Gabgbo ont peine à paraître.
Le quotidien burbinabé Le Pays s'inquiète de la lutte à laquelle se livrent les médias ivoiriens. Une bataille qui «risque d’envenimer la situation et de conduire tout droit à un affrontement physique des protagonistes»:
«Les médias proches des deux parties, surtout la presse écrite, font montre d’un certain zèle dans la défense de la position de leur mentor, et ce, souvent envers et contre les règles les plus élémentaires de la déontologie. Des documentaires brûlants aux relents xénophobes sont diffusés, et des informations explosives publiées. Des horreurs qui ont heurté les consciences à travers le monde comme le génocide rwandais interviennent dangereusement dans la campagne de propagande de certains médias.»
Les journalistes du Pays appellent leurs collègues ivoiriens à «faire preuve d’une hauteur de vue, de modération, bref, de responsabilité en ces heures graves que traverse le pays. Ils doivent faire œuvre utile en contribuant à apaiser les esprits et à trouver une issue pacifique et rapide à la crise».
Pour en savoir plus consultez le dossier de Reporters Sans Frontières.
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.
Rédacteur en chef : Anne Caroline Desplanques
Journaliste : Hélène Roulot-Ganzmann

