Crise d'Octobre: les journalistes se souviennent
«La crise d'Octobre, pour nous, c'est l'équivalent de l'assassinant de John F. Kennedy pour les Américains», soulignent plusieurs artisans de Radio-Canada dans le cadre de l'édition spéciale de l'émission Tout le monde en parlait consacrée à la crise d'Octobre 1970. Et pour cause, 40 ans plus tard, les médias accordent une grande place aux souvenirs de plusieurs professionnels de l'information pour qui les évènements d'Octobre sont souvent parmi les plus marquants de leur carrière.
Pour Bernard Derome, à l'époque journaliste-animateur à Radio-Canada, cette crise a permis au réseau public de faire de l'information en continu pour la première fois: «On a été en quelque sorte la première chaîne d'information continue au Canada. On couchait presque là». De son côté, Gaétan Montreuil, alors annonceur pour la radio publique, se souvient avec émotion de la difficulté qu'il a eue à lire le manifeste du FLQ en onde sans laisser transparaître aucune émotion, lui le fils d'ouvrier élevé à Saint-Henri.
Tout le monde en parlait braque également sa caméra sur Claude-Jean Devirieux, journaliste à Radio-Canada, Bob Mackenzie, journaliste au Toronto Star, Mychel St-Louis, journaliste à CKAC, et Louis Fournier, journaliste à CKAC.
Le Devoir publie lui le témoignage de Louis Fournier, ancien journaliste à CKAC, marqué par le devoir de mémoire. «Je ne pourrai jamais oublier l'arrestation et la perquisition sans mandat et arbitraire dont j'ai été victime le 8 octobre 1970, à mon domicile, où la police de Montréal a même saisi ma machine à écrire comme si j'avais pu rédiger des communiqués du FLQ! Et ce, uniquement parce que la veille, à CKAC, j'avais fait mon travail de journaliste en lisant en ondes le manifeste du FLQ, au nom du droit du public à l'information», écrit-il.
Le quotidien a également fait appel à la mémoire de son correspondant parlementaire de l'époque, Gilles Lesage, qui retrace la position de sa rédaction dans cette crise.
Autre témoignage intéressant, Rue Frontenac présente les souvenirs du photographe Jacques Bourdon qui a signé plusieurs clichés-chocs pendant la crise. «À l’époque, on avait monsieur Pierre Péladeau père, qui était un nationaliste. Mon boss au Journal était Jean-Denis Lamoureux, un ex-felquiste, et on avait plein de monde qui était relié à ça. On a eu la journaliste Colette Duhaime chez nous, qui a été arrêtée pendant la Crise d’octobre. Ils étaient venus en chercher plusieurs, un soir, au Journal», raconte-t-il.
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Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.
Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani


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