Haïti: Les médias ont oublié la reconstruction

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Les élections présidentielles ont ensuite fait la manchette. Les médias ont alors dépeint des élections minées par des émeutes contre les Casques bleus de l’ONU accusés pendant un certain temps d’avoir emmené le choléra, la maladie et les morts sur l’île.

L’après-séisme: contre le silence médiatique

Dans les jours suivant le séisme, les médias ont été critiqués pour leur présence massive sur les lieux. Cela répond pourtant à une demande, comme l’explique Judith Lazar dans Communication (vol 14, no1): «dans une situation de crise, les gens s'intéressent plus aux informations, lisent plus les journaux […] qu'en temps calme». Les médias ont répliqué aux critiques en insistant sur les rôles des journalistes, notamment le rôle humanitaire. Paul Cauchon du Devoir explique que «le silence médiatique serait pire et le nombre de médias sur place est une garantie que l'organisation de l'aide sera surveillée».

Des médias comme observatoires

Ces arguments devraient toujours être valables après la catastrophe. D’autant plus que l’aide est toujours désorganisée. Or, la présence des médias est beaucoup moins marquée (et remarquée) lorsqu’il est question du très lent processus de reconstruction. Ils ont pourtant un rôle à jouer dans les suites moins flamboyantes de la catastrophe. Lors d’une table ronde organisée par l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à l’occasion de la journée de la presse, le 3 mai 2010, il a en effet été rappelé que les médias répondent à un droit fondamental de l’être humain.

Dans la rubrique «Haïti-Reconstruction: le rôle des médias» du réseau d’information haïtien Alter-Presse, Pierre Gotson croit qu’«une information fiable, documentée […] et disponible pour diverses audiences à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, s’avère indispensable pour favoriser l’expression et la vigilance citoyennes sur le processus de reconstruction. […] Nous voyons les espaces médiatiques comme des observatoires de la reconstruction d’Haïti».

Malgré le côté plus sombre de la couverture, il importe de souligner le bon travail de journalistes québécois s’étant déplacés à Haïti afin de témoigner de la reconstruction. Par exemple, le dossier «De l’espoir dans le chaos», d’Yves Therrien du Soleil, contient près de 15 articles parus du 4 au 19 septembre 2010. Ce journaliste s’est éloigné de Port-au-Prince et s’est intéressé, par exemple, au sort des paysans. Certains agriculteurs réussissent d’ailleurs à bénéficier d’un confort économique grâce à une diversité de cultures.

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.

Rédacteur en chef : Anne Caroline Desplanques
Journaliste : Hélène Roulot-Ganzmann
 

   

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