Journaliste : mode d’emploi - L’expérience inspecteur Gadget

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Par Malorie Gosselin

Si vous ne l’avez pas vu aux Nerdz, sur Ztélé ou à l’émission scientifique Le code Chastenay, à Télé-Québec, vous connaissez probablement sa page Techno pour tous qu’il signe chaque semaine dans le Journal de Montréal. Pascal Forget est journaliste techno. Pigiste. Blogueur. Chroniqueur. Charmeur. Fou… d’écouteurs. Nous lui avons demandé d’introspecter sa vie de journaliste à la maison. Entrevue avec l’inspecteur Gadget

Dans son bureau, il y a beaucoup de lumière, parfois trop même, mais «c’est plus sain» pour quelqu’un qui passe son temps devant l’ordi. À côté d’une étagère, véritable «paradis de la bébelle», se trouve son poste de travail : une ancienne table de cabane à sucre. Assez large, elle accueille son barda, ses essentiels : un Mac avec écran 27 pouces, « ma pantoufle» ; un lap-top Lenovo ; un clavier mécanique, pour «taper rythmé» ; Titminou ; tasses à café ; chocolats au lait Nestlé; et une power-barre tyrapée, parce que c’est «fondamental» de pouvoir brancher des trucs à volonté.

 

Un espace de travail particulier ?

Pour être productif et ne pas devenir fou, je trouve important d’avoir deux lieux bien définis à la maison, un espace de travail et un espace de vie, et de devoir se déplacer pour se rendre de l’un à l’autre. Quelques pas suffisent pour changer la vibe.

Entre mes deux lieux, j’ai installé une barre pour chin-up. Je me permets aussi de faire des séries de push-up à tout moment. C’est bon de changer le mal de place !

Une discipline de rédaction ?

Cet été, tous les matins, je me levais, j’allais prendre mon café dehors et j’écrivais pendant une bonne heure, souvent une entrée de blogue. Mais il n’y a pas vraiment de cadre précis, l’important c’est de faire ce que t’as à faire. Un policier ne se demande pas chaque matin : «est-ce que j’ai le goût aujourd’hui d’être policier ?». Non. Il s’habille et part faire sa job. Moi, ma job, c’est de tester des gadgets et d’écrire sur ces gadgets, alors je teste ces gadgets et j’écris. Point final. Je le fais sans angoisse, de façon simple et le plus tôt possible. Je crois qu’il ne faut pas avoir la prétention de faire de la littérature, il faut s’en tenir à informer. Just publish, disait un blogueur. Quand j’aurai fini de bien informer et que j’aurai gagné ma vie à le faire, je pourrai me permettre de faire de la littérature.

Adepte du 9 à 5 ?

Un truc qui m’a tellement soulagé, c’est que justement, je peux être absolument créatif avec mon horaire. Je peux travailler sept jours par semaine ! Je ne recommande pas de le faire, mais je peux le faire ! Je peux prendre l’après-midi pour jouer dehors, car il fait soleil aujourd’hui. Et parce que j’oublie la norme du 9 à 5, j’ai souvent de belles périodes d’écriture le soir ou le dimanche.

De la musique en travaillant ?

À part, cet été où il y avait de la construction derrière chez moi et que je suis presque devenu fou… pas souvent. Quand j’écris, de toutes façons, j’entre dans une bulle et il ne se passe plus rien autour. Mais si je veux remplir l’espace : http://www.lastfm.fr ! Ce qui est vraiment génial avec ce service de radio web, c’est que plus j’écoute, plus il reconnaît mes goûts. Ça me permet de créer une liste de lecture vraiment personnalisée que je peux écouter n’importe où. Je l’ai bidouillé pour que ça fonctionne avec un système audio sans fil qui se contrôle via mon téléphone ou mon ordinateur, le genre de truc qui me fait pleurer à chaque fois que j’en parle tellement ça m’émeut…

Des outils de recherche?

Le lecteur de flux RSS Google Reader. Je vais le consulter plusieurs fois par jour. Je suis abonné à tellement de sites, que je reçois presque 2000 articles par jour. Je lis en diagonal les titres et je mets de côté ceux qui m’intéressent grâce à www.getpocket.com. Cette application permet de consulter les articles sans connection internet via ma tablette ou mon téléphone intelligent.

Des mantras de productivité ?

Le moins de téléphone possible

Quand j’écris, je ne veux pas être interrompu aux cinq minutes. Il faut éviter les distractions. Passer du temps au téléphone, tant qu’à moi c’est contre-productif. Quand quelqu’un m’appelle et que ce n’est pas formidablement important, je peux être un peu bête… Un bon courriel bien écrit et concis, rien de mieux pour éviter de perdre du temps à jouer à la tague téléphonique.

 

La méthode xxx

Quand j’écris un texte, je le remplis de xxx. Exemple : «il y xxx mégapixels dans ce produit de la compagnie xxx». C’est pour éviter d’interrompre mon élan d’écriture, de partir sur le web, de me retrouver à flâner sur Facebook, sur Twitter. Ce n’est qu’au moment où j’ai besoin de me changer les idées que je vais chercher les infos. Souvent, parcourir les sites m’inspire, et en remplaçant les xxx, j’en profite pour réécrire, préciser des choses, etc.

 

Les mots-clés

Je ne passe pas une demi-heure à classer les trucs en dossier et sous-dossier. À la place, je fais de longs titres de document avec beaucoup de mots-clés (nom du projet, date, sujet de l’article, mots auxquels le sujet me fait penser, etc). J’utilise l’outil Recherche pour trouver mes documents. Et la magie, c’est que tout se sauvegarde en ligne automatiquement avec des services comme Dropbox ou SkyDrive.

 

Changer le mal de place

Je préfère travailler sur plusieurs trucs en même temps que de passer des heures à m’acharner sur un article. Aussi, à chaque fois que ça ne me tente pas d’écrire, je fais un brouillon, un premier jet. Je me dis : je fais un dix minutes après j’arrête. Le lendemain, étonnamment, j’ai déjà un méga-squelette de produit.

 

Des services web dont vous ne pouvez plus vous passer ?

Ce qui est très important pour moi, c’est de travailler de partout, n’importe comment, peu importe la machine que j’utilise, peu importe si j’ai cinq minutes ou une heure. Alors je fonctionne avec l’agenda électronique de mon téléphone intelligent. Il est synchronisé avec celui de mon ordinateur et tout se sauvegarde automatiquement sur le web. Pour prendre des notes, je pense qu’il n’y pas d’outil idéal. Mais j’utilise un site web, www.simplenoteapp.com, pour noter des petits trucs et organiser des listes et www.evernote.com comme banque de données perso. Pour écrire les chroniques et les textes plus longs, j’utilise Google Docs, parce que ça fonctionne sur n’importe quel navigateur web et que ça permet d’écrire des textes longs, formatés, que je peux partager et exporter super facilement.

 

Une chose que vous devriez faire que vous ne faites pas ?

Relire mes notes. Je prends en notes des instants d’inspiration, des flash. Je prends beaucoup de photos en me disant que ça ferait un bon sujet. Je fais beaucoup de captures d’écran… mais je ne consulte pas assez souvent à mon goût cet amas d’idées qui est en sauvegarde sur le net.

 

Des incontournables de vie ?

Une machine expresso automatique digitale parce que c’est si simple à utiliser, et une balayeuse intelligente (il paraît que ça a révolutionné sa vie de journaliste à chat).

Pas d’ustensiles dans mes tiroirs à ustensiles. Ça fait bien rire les gens, mais puisqu’il vaut mieux toujours tout avoir à portée de mains, ils débordent d’adaptateurs, de piles, de bidules et… de lampes de poches - ma deuxième passion après les écouteurs.

Un article à partager ?

Zen for Writers: Finding a Calm, Peaceful State For Your PC That Would Inspire Productivity. Sur Make Use Of.
 

 Malorie Gosselin est étudiante en journalisme à l'UQAM et stagiaire à ProjetJ.

 

 

Editeur: Chris Waddell (École de journalisme de l'Université Carleton), salle 4302C, Bâtiment River, 1125 chemin Colonel, Ottawa, Ontario K1S 5B6. 613.520.2600, poste 8495 publisher@j-source.ca

Rédactrice-en-chef: Hélène Roulot-Ganzmann (Fondation de l'Université Laval), info@projetj.ca

   

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