Les dessous du système Poutine

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Tel que signalé par le European Journalism Centre, les trois principaux canaux de télévision russes (Rossiya, Pervyj Kanal et NTV) appartiennent en totalité ou en partie au gouvernement. De plus, cinq stations se sont ajoutées à la liste des chaînes fédérales en 2007, soit Pyatyj Kanal, Kultura, Sport, Vesti et Bibigon.

Ainsi, non seulement le gouvernement contrôle les chaînes généralistes et d’information en continu, mais il s’impose également dans les autres sphères de la télévision, tels le sport, les émissions pour enfants et la vie culturelle. Il peut donc y diffuser aisément son message et choisir ce que la population doit savoir ou non.

Comme le soutient le journaliste québécois, il existe néanmoins «sur le câble et sur le satellite, […] des chaînes qui sont un peu plus critiques, mais elles n’ont pas une portée assez grande pour avoir une influence», explique Frédérick Lavoie.

Des médias indépendants qui résistent

Malgré la pensée dominante démultipliée un peu partout dans la médiasphère, certains médias indépendants résistent à la propagande. Outre le journal Novaïa Gazeta, on retrouve, dans le bastion de l’opposition politique, la radio Ekho Moskvy (Écho de Moscou).

«Dans l’absolu, il y a quand même une liberté de presse ici», constate Frédérick Lavoie. «Dans les journaux, des choses critiques, il y en a plein. On rit du président, on rit du premier ministre, on rit de tout le monde, on les critique, on montre ce qu’ils font de pas correct».

Seulement, la presse indépendante et les idées qu’elle soulève ont une portée très limitée. Par exemple, l’Écho de Moscou rejoint près d’un million d’auditeurs dans la capitale dans un marché d’environ 15 millions de personnes. Une influence encore plus isolée à l’échelle nationale, avec un total de 3 millions d’auditeurs dans un pays qui compte au-dessus de 140 millions d’habitants. Quant au Novaïa Gazeta, ce trihebdomadaire est tiré à seulement 325 000 exemplaires.

Les médias critiques, qui ne disposent pas d’une plateforme adéquate, rejoignent surtout les gens les plus éduqués, la masse populaire se limitant à la télévision comme source d’information. «C’est pour cela que les manifestations rejoignent très peu de gens en Russie», note le journaliste québécois.

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.

Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani

   

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