Les quotidiens de plus en plus lus... pour le moment

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La plupart des quotidiens canadiens ont vu leur lectorat augmenter entre septembre 2010 et juin 2011, selon les dernières données de NADbank. Ces chiffres parus aujourd'hui révèlent que plus de la moitié des adultes canadiens des 6 plus grandes villes du pays et d'Halifax lisent un quotidien tous les jours et qu'environ 8 sur 10 en lisent un chaque semaine.

À Montréal (les chiffres pour Québec ne sont pas disponibles), bien qu'il soit le seul dont le lectorat ait diminué (-1%), le Journal de Montréal demeure en tête de peloton avec 615 000 lecteurs en semaine, soit 199 700 lecteurs de plus que son plus proche concurrent, La Presse, qui en compte 415 300 (+5%). Le Devoir arrive loin derrière avec 73 500 lecteurs en semaine, mais est celui qui progresse le plus chez les quotidiens payant avec une croissance de 8% de son lectorat quotidien. Du côté des gratuits, Métro demeure en tête avec un total de 790 500 lecteurs contre 599 600 pour 24H. Il connaît également une plus importante croissance globale de son lectorat que son concurrent (13% contre 8%).

Le samedi, le tableau est le même. Le Journal de Montréal est premier avec 667 100 lecteurs, contre 545 100 pour La Presse et 95 100 pour Le Devoir. Mais là encore, le quotidien indépendant fait mieux que ses concurrents puisque son lectorat du week-end croît de 3% alors que celui de La Presse diminue de 4% et que celui du Journal de Montréal stagne. Le directeur en recherche média de Touché! PHD, Jean-François Bourdeau, attribue cette croissance globale à la richesse de l'actualité récente. «Des scandales politiques aux infrastructures instables, en passant par le Canadien de Montréal en séries et un nouveau Colisée à Québec, les Québécois avaient beaucoup à lire», analyse-t-il sur Infopresse.com.

Le Web a gagné les moins de 40 ans

Cependant, cette augmentation globale du lectorat pourrait bien être de courte durée, selon une nouvelle étude américaine qui s'est intéressée aux sources d'information des citoyens américains selon leur âge. L'étude «How people learn about their communities» du Pew Research Center's Project for Excellence in Journalism révèle certes que 50% des Américains lisent les journaux et leurs sites pour s'abreuver en information locale et s'y fient pour un large éventail de sujets. Néanmoins, la plupart (69%) n'y sont pas foncièrement attachés et migreraient volontiers vers des médias en ligne.

Les moins de 40 ans ont même déjà tourné le dos aux journaux et citent majoritairement Internet comme étant leur première source d'information locale. Par exemple (voir ce graphique pour les détails), si 44% des plus de 40 ans consultent les journaux au sujet du crime, seulement 23% des plus jeunes le font. Même chose pour la politique locale: 16% des moins de 40 ans lisent les journaux à ce sujet, contre 34% des plus âgés. Les deux générations ne se rejoignent que sur l'emploi, un thème au sujet duquel 17% des répondants des deux cohortes s'informent dans les journaux.

De plus, même ceux qui investissent en ligne ne semblent pas parvenir à corriger le tir, car ce ne sont pas les sites Internet des médias traditionnels qui obtiennent la faveur des moins de 40 ans, mais les pure players, selon l'analyse du Pew Research Center. Sur son blogue, le consultant Alan D. Mutter de l'École de journalisme de Berkeley en Californie, estime que ces données sont un signe clair que les journaux sont en train de perdre la prochaine génération de lecteurs. 

 

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Editeur: Chris Waddell (École de journalisme de l'Université Carleton), salle 4302C, Bâtiment River, 1125 chemin Colonel, Ottawa, Ontario K1S 5B6. 613.520.2600, poste 8495 publisher@j-source.ca

Rédactrice-en-chef: Hélène Roulot-Ganzmann (Fondation de l'Université Laval), info@projetj.ca

   

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