Francophonie

juin 10, 2008 - Posted by Frederick Bastien
Radio-Canada |

A l'occasion de la première réunion du nouveau conseil municipal de Dieppe, deux conseillers se sont plaints de la couverture des dernières élections municipales au Nouveau-Brunswick par le Times & Transcript, un journal local. Le conseiller municipal Dave Maltais estime qu'un journal ne devrait pas émettre d'opinion lors du processus démocratique. « Je trouve cela injuste qu'on a un organisme de communication qui cherche à influencer nos citoyens à qui est-ce qu'il voudrait avoir autour de la table du conseil ».
juin 09, 2008 - Posted by Astrid Morchoine
Historien des médias |

Quelle question saugrenue : tout le monde sait qu’un journaliste sert à cirer les pompes de ses chefs, de son patron, des publicitaires, des hommes politiques et des chefs d’entreprise. Ce qui lui permet au passage de gagner maigrement sa vie. S’il est un peu aigri de cette situation, il s’en satisfait parce qu’il ne saurait pas faire grand-chose d’autre dans la vie réelle et parce que la fréquentation des puissants lui donne quelque importance auprès de son entourage.

Pourtant, dans l’idéal, un journaliste doit répondre au droit du public à l’information et, comme le dit joliment la Cour européenne des droits de l’homme, « les journalistes exercent leur mission de chien de garde de la démocratie ».

Entre l’image, souvent véhiculée par les médias eux-mêmes, et l’idéal se situe la réalité : la démocratie comme l’économie de marché ne peuvent fonctionner et subsister sans des contre-pouvoirs aux actions différentes mais convergentes : les associations, syndicats et partis doivent proposer et contredire les pouvoirs en place, tandis que les journalistes doivent dévoiler et révéler les pratiques des uns et des autres, en un mot simple, ils doivent informer.

Faire-savoir n’est pas toujours facile, c’est pourquoi les journalistes doivent disposer de moyens humains et matériels, ni toujours de tout repos, c’est pourquoi les journalistes doivent bénéficier de protections particulières dans l’accomplissement de leur mission. A charge pour eux de satisfaire à la demande du public.

Site des Assises Internationales du Journalisme
juin 06, 2008
Président de l'Union des Clubs de la presse de France et francophones |

Si je réponds que le journaliste se doit d’informer, ça fera bizarre ? Avec la multiplication des émetteurs d’informations, le public fait des choix tant au niveau des télécommandes que des souris, objets difficiles à maîtriser.
Alors quel rôle pour les journalistes aujourd’hui ? Informer avec la plus grande objectivité que possible en s’appuyant fondamentalement sur la déontologie. On pourra évoquer la difficulté d’être acteur et citoyen du monde en évitant les pièges des postures et des sentiments personnels. Toutefois, le journaliste se doit certainement d’être le professionnel (“à condition que le temps et les moyens lui en soient donnés...” ) pouvant à la fois analyser ou commenter « une actu » avec un maximum de recul et ainsi permettre une réflexion de celui qui choisit de lire, écouter ou regarder un sujet.

Intégrité et fiabilité sont donc des qualités « réclamées » aux journalistes qui se doivent à la fois d’être ceux qui éclairent, favorisent la réflexion et apprennent à mieux appréhender le monde et ses sociétés en évitant de « jouer » au moralisateur…

Car en écoutant le public, on se rend compte que l’attitude du « journaliste-personnage distant » des réalités des populations n’a rien arrangé dans la relation entre eux. Questions : Est-ce que le journaliste n’aurait pas oublié que son travail et sa production sont destinés à être partagés? L’une des missions actuelles n’est-elle pas d’instaurer un rapport de confiance entre les journalistes et le public ? Peut-on être journaliste en omettant de se remettre en question ?
Les questions fusent. Mais il semble bien que l’obligation pour le journaliste de fournir un travail empreint de grande rigueur figure au rang des défis à relever pour les journalistes pour tout simplement être considérés comme acteurs crédibles et dignes de…confiance.

Le tableau n’est pas « noir », fort heureusement, et gageons que la majorité des journalistes saura rester ancrée dans les valeurs de notre profession avec toutes ses exigences. Sans doute que le temps et la perception des attentes de la société seront des alliés pour que le journaliste demeure à la fois le pédagogue et LA source d’information prioritaire du public.
A quoi sert un journaliste ?...

Site des Assises Internationales du Journalisme
juin 06, 2008
La Voix du Nord, France |

L'École supérieure de journalisme de Lille recevait, hier, une cinquantaine d'élèves issus de lycées sensibles de la région. Manière de jeter des passerelles sur des cursus un peu trop balisés.

Et là, c'est le drame. « Est-ce que certains se destinent à être journalistes ? » L'amphithéâtre se fige. On entendrait couiner un téléscripteur. Puis une main se lève, hésitante, comme au ralenti. La main de Julien, 16 ans bientôt révolus. « Ça a commencé quand j'étais en primaire, fouille dans sa mémoire le 1re ES du lycée Desmoulins, au Cateau. On avait visité l'imprimerie de La Voix du Nord. Ça avait l'air intéressant. » Tellement qu'il choisit la presse pour son stage de découverte entreprise, en 4e. « J'aime écrire. D'ailleurs je voulais être écrivain, mais la conseillère d'orientation m'a dit que c'était plus une passion qu'un travail, et elle m'a orienté vers le journalisme.  » Que l'aiguilleuse excluait visiblement du registre passionnel.

Donner des couleurs au recrutement

Et pourtant, qu'il se prête bien aux emportements, ce «  joli métier », comme disait l'autre un soir d'agacement. Qu'on l'exerce ou qu'on le jauge. « Les journalistes ont mauvaise réputation », tranchent, sans prétention, Matthieu et Philippe. Les camarades de classe de Julien en veulent pour preuve « les rumeurs, les rumeurs, les rumeurs » dont les médias feraient leurs choux gras. « Et puis, il y a les paparazzi, même s'il faut faire la différence. » Toujours ça de pris.

Une cinquantaine de volontaires, en provenance de quatre établissements de la région, ont répondu, hier, à l'invitation de l'école octogénaire. Frédéric Baillot a envoyé les cartons après avoir prêché dans les classes durant l'année, relayé dans sa tâche par des étudiants. « On veut leur montrer que l'enseignement supérieur, ce n'est pas que la fac, commente le responsable du tutorat à l'ESJ. On trouve que le recrutement de l'école manque de couleurs. » L'institution cherche la parade à une « reproduction sociale » dont Pierre Bourdieu, Jiminy Cricket des journalistes, fit un objet d'études. « Si on ne fait rien, poursuit Frédéric Baillot, on aura toujours des fils de journalistes ou de fonctionnaires. Alors que si on arrive à accompagner ces jeunes, on apportera un sacré courant d'air dans les rédactions.  » Rien moins que de la discrimination positive, dans la droite lignée de la « troisième voie » ouverte par Sciences Po notamment. Les élèves qui l'emprunteraient pourront prétendre aux « bourses de vie » du conseil régional, couvrant les frais d'inscription à l'ESJ. L'école privée facture l'année 3 500 E.

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juin 05, 2008
Président du groupe Bayard |

« Nous sommes tous des journalistes ! » On pourrait croire, parfois, que les journalistes professionnels n'ont pas d'avenir. Qu'il vont se fondre dans la masse des citoyens devenus journalistes, cernés qu'ils sont par tout un chacun puisque ce chacun a son mot, son site, son blog à dire sur toute chose. Et ses infos à donner, à sa sauce Duras, « citoyenne », forcément « citoyenne »...

« N'ayez pas peur ! », confrères. Tant qu'il y aura des nouvelles, il faudra des gens pour faire le tri, hiérarchiser les « événements », en jeter. Autrement dit pour penser l'actualité. Pas en fonction de leurs dadas, ni de la proximité du « témoignage » mais, précisément, en raison de la distance nécessaire. Ni trop près, ni trop loin. Et pour le faire en fonction des publics auxquels s'adressent leurs médias: on n'est pas journaliste pour soi seul.

Les événements ne s'arrêteront pas de solliciter la curiosité et le besoin de ces intermédiaires entre les faits et les hommes. Le développement durable est dans l'air du temps, il faut parier aussi sur le journalisme durable. L'outil médiatique change, pas la fonction de base. Chercher, rapporter, percer le mur des apparences ou du ressenti, violer les règles suaves du tout-communication, gratter les puissances là où ça fait mal, vérifier, prendre de la hauteur. Et mitonner tout ça avec un peu de talent (si ce n'est pas trop demander que du talent avant des certitudes...). Le journalisme n'est pas près de son dernier mot.

Site des Assises Internationales du Journalisme
juin 04, 2008
Directrice régionale France 3 Nord Pas-de-Calais Picardie

Toute la réponse est dans la question. Faute de quoi il n’y a plus de journalisme et encore moins de journalistes.À quoi sert un journaliste à l’heure où le tsunami est relayé par les vidéos amateurs ?À quoi sert un journaliste quand l’info se trouve en permanence et à profusion sur Internet et déjà sur les téléphones portables envoyée automatiquement. La question se pose depuis peu et cela tombe bien, ET pour les citoyens, ET pour les journalistes.

Il est plus qu’urgent que le citoyen puisse se fier au « label journalistique » dans la profusion d’informations qui est la sienne aujourd’hui. Il doit pouvoir se repérer, discerner le vrai du faux, l’info de l’intox. Il doit pouvoir éviter les pièges de la manipulation, participer au débat en connaissance de la « vraie cause ». Les temps ont changé : l’exercice journalistique n’est plus uniquement  l’investigation, la recherche de l’information mais aussi le tri et la hiérarchisation.

Cette question tombe bien aussi pour les journalistes : ils avaient hier le monopole de l’information, la question ne se posait pas. Il leur faut aujourd’hui faire la preuve de leur valeur ajoutée faute de quoi ils n’ont plus de raisons d’être.  À quoi sert le journaliste : il doit redonner ses lettres de noblesse à l’info : il doit la vérifier, il doit la hiérarchiser, il doit la mettre en forme, il doit lui permettre d’être lue, vue et entendue par le plus grand nombre de personnes.

À quoi sert le journaliste ? …. À poser des questions mais aussi à se poser des questions … !!!!

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juin 04, 2008
Magazine Challenges |

Les lycées francophones d'Asie se sont alliés pour lancer un prix annuel de journalisme, qui vient d'être décerné pour la première fois, afin d'ouvrir les élèves aux métiers de la presse.

Le "Prix Léon Werth" -- du nom d'un écrivain-voyageur de l'Indochine (1878-1955) -- a pour objectif de récompenser les meilleurs articles et photos des "élèves-journalistes" de la région.

Ce concours, avec des livres à la clé, a été créé par l'équipe enseignante d'ASIA, magazine trimestriel réalisé depuis fin 2005 par des collégiens et lycéens francophones en Asie.

Le jury, constitué de journalistes professionnels spécialistes de l'Asie, a choisi, par vote électronique entre février et avril, les meilleurs travaux des journalistes en herbe. Au total, 11 prix ont été décernés.

La classe de 5e du Lycée international français de Jakarta a été récompensée pour un reportage à la mosquée Istiqlal et une autre 5e de Ho Chi Minh-Ville pour un voyage découverte dans le nord du Vietnam.

Ont été notamment distingués une interview de femmes immigrées philippines à Tokyo, un article sur "les sociétés secrètes à Singapour au 19e siècle" et le portrait d'un rescapé de la machine de mort khmère rouge.

ASIA associe onze établissements secondaires français de la région: Tokyo, Singapour, Hanoi, Ho Chi Minh-Ville, Phnom Penh, Jakarta, Hong Kong, Bangkok, Kuala Lumpur, Taipei et Séoul. Les lycées français de Pékin, Manille et Port-Vila (Vanuatu) doivent rejoindre le réseau en septembre.

Ce projet a été primé par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger.
juin 03, 2008
Premier Secrétaire général
du Syndicat national des journalistes |

A quoi sert un journaliste ? Les réponses ne manquent pas : décrypter le monde ; informer le citoyen et lui permettre de se faire une opinion ; rechercher et dire les choses tues ; apporter un éclairage sur la conduite des politiques publiques et les conséquences des initiatives privées ; alerter la société sur les dangers qui la menacent et souligner les mouvements qui la font grandir…

Ayant choisi d’y faire toute ma carrière, je m’arrêterai toutefois sur le rôle particulier de la presse « de proximité », et donc du journaliste « localier » : contribuer à faire vivre ces piliers de la démocratie que sont la liberté d’expression et l’égalité entre les citoyens, jusque dans les plus petits recoins du territoire. Le journalisme ne doit pas, en effet, se limiter aux faits majeurs et aux discours dominants. La profession, dans sa diversité, se doit d’être à l’écoute des mouvements d’opinion les plus divers, de mettre en perspective tous les événements, grands et petits, de se faire l’écho des interrogations et des initiatives citoyennes, jusqu’aux plus modestes.

Combien de fois ai-je entendu cet appel : « Si vous ne nous écoutez pas, ne venez pas voir ce que nous faisons, et ne parlez pas de nous, nous n’existons pas ! » Un constat qui se multiplie alors que les concentrations dans les groupes de presse - et les stratégies multisupports qui les sous-tendent - créent, en bien des régions, des situations de monopole quasi-total de l’information.

Ceci dit, l’exercice est moins simple qu’il n’y paraît. Parce que la proximité, c’est aussi une difficulté accrue à rester lucide et impartial vis-à-vis des faits et des gens. C’est un équilibre encore plus délicat à trouver entre éloge sans connivence et analyse critique sans dénigrement.

Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas de « petite » information. Là comme ailleurs, rigueur et déontologie sont des conditions essentielles à l’exercice du journalisme. Une évidence trop souvent oubliée dans un secteur où l’on a tendance à se montrer peu regardant sur le pluralisme, la qualité de l’information, le respect du statut, la formation initiale et… le rôle du journaliste.

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juin 02, 2008
Benoit-raphael.blogspot.com |

J'ai souvent parlé sur ce blog de Rob Curley. Le fondateur du site du quotidien local américain Lawrence Journal World (pour moi LA référence des sites d'infos locaux) est l'une des personnalités les plus intéressantes du monde de la presse en ligne.

Après être passé à la division numérique Washington Post (en tant que vice-president of product development) , il vient d'annoncer sur son blog qu'il rejoignait l'équipe web du quotidien régional "Las Vegas Sun".

L'occasion pour moi de rappeler que Rob a lancé pour le Washington Post un site hyperlocal d'infos que tous les patrons de presse quotidienne régionale devraient prendre pour modèle: le Loudoun Extra.
juin 02, 2008
Troisièmes Assises Internationales du Journalisme, Directeur de France Info |

"Aussi vite informé qu'un journaliste". L'ancien slogan de France Info des années 80 a été emporté par la bourrasque technologique. Internet et l’ensemble des récepteurs ont  bousculé le mode de transmission  de l’info.  "Plus vite informé qu’un journaliste" devient presque une réalité . La vitesse de diffusion affole parfois les rédactions.  Est-il légitime de s'inquiéter de cette évolution? Est-ce néfaste à notre profession ? Non. Car c'est précisément dans un tel contexte que le métier de journaliste fait sens. A quoi sert un journaliste ? Un journaliste donne les faits, s’approche au plus près de la véracité. Il n'enjolive pas. Le journalisme ne se confond pas avec le bavardage ou l'univers fictionnel. On ne s'improvise pas reporter simplement muni d'un téléphone portable équipé d'un appareil photo. Certes le témoignage citoyen complète une enquête mais en aucune manière il ne détrône le travail journalistique. Le rôle premier d'un journaliste c'est d'aller chercher l'information, ne pas l'attendre. Ne pas se contenter de ce qui circule sur le web, forcément lacunaire. Attention au piège, « la boucle pourrait nous boucler… ».Sur le fronton des rédactions, des principes essentiels doivent encore et toujours clignoter :Vérifier, parce qu'on est jamais sûr de rien. Expliquer, parce qu'un journaliste doit éclairer le public avide de connaissances.Décrypter, parce que  replacer une information dans son contexte c'est donner toutes les clés pour saisir les enjeux. Sans mise en perspective, point de salut pour le public en quête de repères. Qui peut mieux assurer ce rôle qu’un journaliste indépendant, rigoureux et doté d’une curiosité aiguisée….

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Qu'en est-il de la pratique journalistique dans les pays de la
Francophonie? L'objectif de cette section est d'élargir le débat sur le
journalisme aux pays d'Europe mais aussi d'Afrique et d'offrir une
tribune aux journalistes francophiles des pays dont la langue
officielle n'est pas nécessairement le Français. Censure d'État,
pluralisme de la presse, convergence des médias, nous invitons les
journalistes d'outre-mer à partager leurs réflexions sur la santé de
l'information.



Voyage
au pays de la canne à sucre burkinabée, Burkina Faso, Afrique. Cette
photo est une gracieuseté de l'agence

      

   

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.

Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani

   

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