Francophonie

juin 01, 2008
Je reviens des Assises internationales du journalisme de Lille (où j'intervenais sur le journalisme participatif).

Sur son blog (et sur Médiachroniques) Philippe Couve (l'un des animateurs de ces journées) n'est pas tendre avec la profession. Le bilan est morose:

Le constat est là. Après deux années où, dans les débats sur la révolution des médias, il était surtout question des nouvelles pratiques et des moyens d'y arriver, avec en toile de fond cette vague menace apocalyptique de l'effondrement du papier (mais personne n'aime les apocalypses), l'heure est aujourd'hui à une véritable crise existentielle.

C'est l'angoisse d'une profession qui commence aujourd'hui à réaliser concrètement que les temps ont changé. Que l''argent n'arrive plus. Que les plans sociaux s'enchaînent dans la presse traditionnelle. Que les coupes dans les grosses rédactions ne font que commencer.
juin 01, 2008
Troisièmes Assises Internationales du Journalisme, Directeur délégué à l'information de France 3 |

N’y tenant plus, le journaliste s’était tourné vers son miroir. Et, c’est une bien triste mine qui apparut sous le nez de l’observateur ; son autoportrait semblait osciller entre neurasthénie et colère. Mu par quelque obscur souvenir d’enfance, il se mit à questionner son reflet : "miroir ! Peux-tu me dire si je sers à quelque chose ?" A sa grande surprise, l’accessoire de la salle de bain lui répondit : "T’as vu ta tronche ? Ta déprime, tu l’affiches comme nul autre. Et voilà que tu te mets à te parler, seul, à haute voix, le peignoir en goguette. Le fait est, -et il parait que tu t’y connais en  matière factuelle- tu m’as l’air brumisé, en plein désarroi, si tu préfères" Une telle violence venue d’un vulgaire ustensile de toilettes provoqua, chez le professionnel de l’info, un sursaut d’autojustification. "Le temps réel, tu connais ? Le stress de l’accélération brutale quand tu dois tout dire sans trop savoir. La longueur de ton histoire à raconter qui se réduit chaque année. La fabrication d’un morceau de truc qui va rentrer dans un ensemble que tu connais à peine. Sans parler du Net ? Tu sais ça, le Net ? Des images, des sons, des discours  planétaires à chaque seconde. De l’info en veux tu en voilà, concoctée par le simple citoyen devenu ci-devant journaliste. Je te le redemande : A quoi suis- je utile dans tout cela ?" Cette fois, ce fut au tour de l’autre lui-même de se rembrunir. "Grave perte de mémoire, laissa-t-il tomber. Tu ferais bien de te pencher sur ton histoire. Ton métier est l’art de l’enquête, je te le rappelle. Et ce n’est pas moi qui le dis mais l’un de tes lointains parents. Un grec, Hérodote et sa passion d’aller courir le monde ; le terrain dans ton jargon. Constater par ses propres yeux, décrire, aimer ceux que tu rencontres quitte parfois à en rajouter. Alors ça te revient ?" Il rajusta sa sortie de bain et commença à se redresser. Un picotement lui parcourait l’échine. Il voyait des avions et des parfums venaient chatouiller  son hypothalamus à travers la fenêtre son propre quartier semblait soudain différent. L’autre poursuivait, imperturbable. "Vérifier, recouper, ça c’est ton autre lointain aïeul, lui aussi, un grec, Thucydide. Faire des choix , tordre le cou à la rumeur toujours assassine, tenter d’expliquer l’évènement avec l’humilité  de celui qui hait le malheur mais le côtoie chaque jour. La modestie d’avoir à donner un peu d’intelligence dans la complexité de la vie…" Faut il vraiment que je continue, interrogeait le miroir ?  Il était sept heures. C’est en tout cas, ce que prétendait le radio réveil qui charriait la voix de France info. D’un pas hasardeux, le journaliste s’était levé en quête d’une douche réparatrice. Ses yeux tombèrent sur le miroir  disposé là comme chaque jour. Mais ce matin là, il semblait attendre quelqu’un.

Site des Assises Internationales du Journalisme
Mai 29, 2008
NetEco |

Alors que vont être lancés les Etats généraux de la presse « à l'automne », le président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est exprimé, mardi sur RTL, à propos du « considérable problème » que représente l'Internet pour la presse traditionnelle.

« La démocratie ne peut pas fonctionner avec une presse en permanence au bord du précipice », a-t-il expliqué en évoquant un problème « capitalistique (...) Comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s'il est gratuit sur Internet », s'est-il interrogé. « Il y a un problème de diversification, un problème de seuil. Ce n'est pas sain que le journal soit gratuit (...) sur Internet il y a peut-être plus de lecteurs, mais pas plus de recettes », évoquant ainsi le marché restreint de la publicité.

Il souhaite donc, « pour rétablir un minimum de viabilité pour la presse », rassembler les acteurs du secteur pour essayer de « trouver des solutions ». Car pour le chef de l'Etat français, « il y a un gigantesque problème de distribution. Il faut donc aider la presse écrite à faire du portage à domicile, ce qui créera des emplois et qui permettra d'avoir son journal tôt le matin ». Ironie ?
Mai 29, 2008
Le blog des assises du journalisme |

Cinq personnalités des médias étaient invitées à livrer leur point de vue sur le journalisme participatif lors d’une conférence intitulée “journalisme de participation, la solution ?”.

“Sur Agoravox, nous avons réalisé une enquête grâce à la participation de 600 internautes. Leurs contributions nous permettent de se rapprocher de leurs préoccupations réelles. Dans ce sens, la cohabitation entre le journalisme participatif et le journalisme traditionnel est pertinente.” Iannis Pledel, Agoravox.

“Au Parisien / Aujourd’hui en France, les lecteurs ont la parole mais ils ne décideront jamais du contenu du journal. La Voix express, une sorte de micro-trottoir écrit est apparu il y a quinze ans. L’idée nous vient de USA Today : chaque jour, cinq personnes prises au hasard donnent leur avis sur une question d’actualité.” Philippe Duley, rédacteur en chef d’Aujourd’hui en France  / Le Parisien.
Mai 28, 2008
Infos-des-medias.net |

Fausses sorties et vraies démissions au Monde, polémiques autour de la suppression de la publicité sur la télévision publique, règlement en vue, quoique, dans l'affaire des rachats des Echos et de La Tribune, rebondissements quasi-quotidiens, voire nuptiaux, du roman-photo élyséen: les chroniques "médias" des journaux tournent à plein régime. De tout cela, vous ne trouverez rien ou presque dans ce numéro de printemps de Médias. Non par mépris de ce qui pourrait être perçu comme l'écume d'une actualité vite oubliée après un bref passage à la une des journaux. Non que la "pipolisation" de l'information ne nous semble pas digne d'attention. Non que les soubresauts à la tête de nos grands quotidiens soient réductibles à d'inextricables querelles de clans ou d'ego, et donc de peu d'intêret. Nous n'entendons pas nous réfugier dans des débats académiques, ni fuir les questions qui gênent, même si notre profession a toujours préféré donner des leçons qu'en recevoir, sous prétexte que la moindre mise en cause relèverait de l'ingérence, si ce n'est de sombres pressions ou d'atteintes déguisées à son indépendance.
Mai 27, 2008
Paul Cauchon, Le Devoir |

Le 400e anniversaire de Québec se déplace massivement à la radio cette semaine, alors que les patrons des radios publiques francophones sont dans la capitale pour promouvoir une série d'événements communs.

Et à Paris, France Culture propose toute la semaine une série d'émissions sur le Québec, y compris un grand portrait radiophonique d'Anne Hébert et de Richard Desjardins.

Toutes ces activités sont organisées par Les Radios francophones publiques, le nouveau nom de ce qui avait été connu pendant longtemps sous le vocable de Communauté des radios publiques de la langue française.
Mai 25, 2008
Florent Pommier, MediaPart.fr |

Le faux SMS de Cécilia ex-Sarkozy par Le NouvelObs et la mort prématurée de Pascal Sevran sur Europe 1… en l’espace de quelques semaines, ces médias ont commis des fautes professionnelles dégradant considérablement l’image et la crédibilité déjà écornées de toute la profession journalistique. On peut légitimement se poser la question : à quoi servent alors les journalistes ? A relayer des rumeurs et à ne pas vérifier ce qu’on leur dit ?

L’idéal journalistique induit la réponse : bien sûr que non ! Oui mais tout journaliste sérieux, qui recoupe ses informations et croit en des valeurs telles que le respect de la vie privée, la vérification à outrance plutôt que la divulgation prématurée, l’enquête plutôt que l’illustration pure - et parfois trop simple d’un sujet méritant réflexion-, un tel journaliste ne se retrouve plus dans sa profession. Il ne peut comprendre certains de ses collègues, qu’il hésite en plus à critiquer sous prétexte que le métier est une confrérie.
Mai 20, 2008
Agence France Presse |

LILLE (AFP) — "À quoi sert un journaliste?": tel est le fil conducteur des Assises internationales du journalisme qui se tiennent de mercredi à vendredi à Lille, avec pour toile de fond les mises en cause récentes de plusieurs médias par Nicolas Sarkozy.

Éthique, formation, financement, rapports entre journalisme et pouvoir politique sont quelques-uns des thèmes retenus pour la 2e édition de ces assises organisées par l'association Journalisme et citoyenneté, en partenariat avec Reporters sans frontières (RSF), les douze écoles de journalisme reconnues par la profession et les principaux médias français.

Un débat public sur le thème "Nicolas Sarkozy et nous" réunira vendredi notamment Catherine Pégard, ex-journaliste devenue conseillère de chef de l'Etat, et Airy Routier, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, auteur de l'article ayant fait état d'un supposé SMS indiquant "si tu reviens, j'annule tout", que le président aurait adressé à son ex-épouse Cécilia, avant son mariage avec Carla Bruni.
Mai 20, 2008
Radio-Canada |

Les médias francophones qui sont en activité en milieu minoritaire au pays composent avec d'importants défis. Ils doivent bien représenter leur communauté, malgré des moyens humains et financiers qui sont souvent limités.

Le professeur de communications à l'Université d'Ottawa Marc-François Bernier explique que le principal défi de ces radios et de ces journaux est celui de la proximité avec une communauté qui leur permet de survivre.
Mai 16, 2008
Walf.sn |

Lorsqu’il recevait le secrétaire général du Synpics, Mme Diatou Cissé Badiane, le chef de l’Etat Abdoulaye Wade avait demandé une proposition de code de conduite qui protégerait les journalistes, les ministres et le président de la République. Seulement, le chef de l’État devrait savoir que la presse n’a pas à rendre compte spécifiquement aux ministres ou au président de la République, mais à son public dans lequel se trouvent ces composantes de la société sénégalaise. Ce qu’il faut pour le pays, c’est une politique médiatique clairement définie par l’Etat. On doit fixer clairement les règles d’attribution des chaînes de télévision et de radio. Ce qui permettra de savoir si, au Sénégal, un promoteur doit à la fois posséder une radio et une télévision, contrairement à ce qui se fait dans les pays développés comme la France où l’on ne peut pas disposer à la fois d’une radio et d’une télévision. L’aide à la presse doit aussi être redéfinie et de nouveaux critère fixés.
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Francophonie

Qu'en est-il de la pratique journalistique dans les pays de la
Francophonie? L'objectif de cette section est d'élargir le débat sur le
journalisme aux pays d'Europe mais aussi d'Afrique et d'offrir une
tribune aux journalistes francophiles des pays dont la langue
officielle n'est pas nécessairement le Français. Censure d'État,
pluralisme de la presse, convergence des médias, nous invitons les
journalistes d'outre-mer à partager leurs réflexions sur la santé de
l'information.



Voyage
au pays de la canne à sucre burkinabée, Burkina Faso, Afrique. Cette
photo est une gracieuseté de l'agence

      

   

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.

Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani