Idées

juin 01, 2008
Steve Proulx, Voir.ca |

« En plus, j’ai un deadline ce soir et je n’ai toujours pas terminé mon texte », me dit à quelques heures du deadline susmentionné un collègue journaliste qui préfère sûrement garder l’anonymat.
« C’est un texte un peu bizarre, poursuit-il. On a eu une conférence téléphonique avec un groupe de musique rock [que je ne nommerai pas non plus]. Puis, les relationnistes nous ont envoyé par courriel le verbatim de la conférence, à partir duquel j’écris mon article. Je t’avoue, je me sens un peu comme une courroie de transmission.
juin 01, 2008
Marc-Olivier Bherer, Courrier international |

La presse étrangère et canadienne ne s'est pas attardée sur le rapport de la Commission Bouchard-Taylor. Dommage.

Charles Taylor et Gérard Bouchard doivent en vouloir à Maxime Bernier. Sa démission fracassante est survenue une semaine après le dépôt de leur rapport tant attendu sur les accommodements raisonnables. Les journalistes, toujours aux prises avec ce problème de perception, ont délaissé ce pavé de 310 pages pour ne plus parler que de Julie Couillard.

Certains ont tout de même fait l'effort de s'intéresser cette semaine au sort réservé aux minorités vivant au Québec. France-Culture, dans une série de cinq reportages radio sur la province diffusée cette semaine, a bien traité dans l'un d'eux de ce sujet, mais sans aller plus loin qu'Hérouxville. The Economist, qui revient sur le Rapport Bouchard-Taylor, se fait laconique. Tout ça, ce n'est en fait que "beaucoup de bruit pour rien". Jeffrey Simpson du Globe and Mail, joue également les littéraires et salue dans cette commission "un geste cartésien" reflet "d'un monde existentialiste, le Québec". The Toronto Star est relativement seul à y voir un exemple, "un message pour nous" également, les "Canadiens hors Québec". Lequel ? Ce n'est pas très clair.
juin 01, 2008
Lysiane Gagnon, La Presse |

[...] J'avais commencé à lire les 230 pages du rapport de recherche de la commission Bouchard-Taylor sur le rôle des médias dans la soi-disant crise des accommodements, mais j'avais lâché en cours de route en constatant que la chercheuse empruntait les grilles d'analyse des Pierre Bourdieu et des Noam Chomsky, des penseurs d'extrême gauche particulièrement décollés de la réalité.

Mon collègue Don MacPherson, de The Gazette, a été plus patient, et révélait les conclusions de ce rapport dans sa dernière chronique.

L'auteur du rapport, Maryse Potvin, une sociologue de l'UQAM spécialisée en matière de racisme et de discrimination, a produit une longue analyse détaillée dont il ressort que la «crise» des accommodements a été largement fabriquée par les médias. Pas de problème là-dessus: comme bien d'autres journalistes, je suis d'accord avec elle, encore qu'elle ait une vision pour le moins rigide des choses. On peut, par exemple, s'opposer au port du kirpan sans être xénophobe! Mais bon, tout comme les journalistes, les universitaires ont leur subjectivité.

C'est la conclusion qui vous fait dresser les cheveux sur la tête. Lisez: «Sur des questions qui affectent directement la cohésion sociale et la dignité des personnes, des sanctions beaucoup plus sévères envers certains médias aux couvertures négatives ou envers certains journalistes devraient être envisagées ou renforcées par la Conseil de presse ou le CRTC, comme l'interdiction de publier ou de diffuser pendant un certain nombre de jours.»
Mai 30, 2008
Lise Payette, Le Devoir |

Les journalistes sont malmenés ces temps-ci au Québec. Tous ne réagissent pas de la même façon devant les difficultés que vit la profession. Il y a ceux que ça laisse complètement indifférents, car leurs salaires sont élevés, leurs plans de pension blindés et ils attendent tranquillement la retraite dorée qu'ils estiment avoir bien méritée. Et il y a les autres, ceux qui croient dur comme fer qu'ils sont un rouage important de la démocratie telle qu'on la connaît ici et qui estiment qu'ils ne peuvent plus remplir librement leur mission qui consiste, d'abord et avant tout, à bien informer le public.

Il est difficile d'émouvoir le public à notre époque, car il a fini par se désensibiliser pour survivre. Sollicité de toutes parts, ciblé par la publicité, le monde ordinaire n'a pas une vie qui ressemble à un jardin de roses. Pensez aux catastrophes qu'on nous annonce chaque jour, au prix de l'essence qui ne cesse de grimper, au prix du panier d'épicerie, à la difficulté qui correspond au fait d'élever des enfants de nos jours à travers le laisser-aller qui est souvent présenté comme une sorte de liberté, et vous aurez compris que la fermeture de la salle des nouvelles de TQS n'a fait pleurer personne. Et pourtant! La perte d'une source d'information, quelle qu'elle soit, est un deuil pour une société démocratique.
Mai 29, 2008
Norman Spector, Le Devoir |

Les chiens de garde aussi ont des maîtres. Le journaliste Don Macpherson est venu à la défense de ses collègues et de son employeur pour avoir publié des extraits du rapport Bouchard-Taylor. «The Gazette et son journaliste, Jeff Heinrich, avaient essentiellement raison», a-t-il écrit. Pour ma part, je suis heureux d'apprendre que le Conseil de presse du Québec aura à juger si le fait d'avoir «essentiellement raison» correspond à la rigueur attendue des lecteurs envers leurs quotidiens. Je me demande même si une manchette à la une, suggérant que l'apprentissage de l'anglais est un élément clé de la solution de l'intégration à la québécoise, répond à cette balise professionnelle.

Soyons clairs. N'importe quel média aurait publié en exclusivité des extraits du rapport Bouchard-Taylor. Seulement, ceux qui organisent les fuites le font généralement pour satisfaire des intérêts précis.
Mai 29, 2008
Michel Dumais, Blogue MédiaBiz |

À quelques jours des audiences sur CRTC où se jouera assurément son avenir, TQS entend la carte d'une information locale différente. Le réseau à l'agonie fera-t-il appel aux journalistes civiques? Ce matin, dans le Devoir, dans un article signé Paul Cauchon portant sur TQS, une petite phrase en apparence toute simple a attiré mon attention.

Bien qu'elle affirme ne plus vouloir faire de bulletins de nouvelles traditionnels, TQS n'en entend pas moins continuer à produire de l'information locale. Mais comment? De quelle façon alors? Quomodo?
Mai 28, 2008
Pierre Sirois, Directeur de l'information à TVA-Québec |

C'est avec surprise et stupéfaction que j'ai pris connaissance de votre texte d'opinion, publié dans la page Idées du journal Le Devoir du 20 mai dernier, intitulé «Des embûches sur la route de l'information».

Votre texte fait un lien douteux entre la disparition du service des nouvelles de TQS et la concurrence qui sévit entre les grands groupes de presse au Québec. Dans le cadre de votre analyse sommaire, vous en profitez pour accuser impunément Quebecor de porter atteinte à la liberté d'expression et au droit à l'information, dans les termes suivants: «Pourtant, Quebecor n'a pas hésité à censurer des reportages de TVA sur le lock-out au Journal de Québec, qui dure depuis un an.»
Mai 27, 2008
Éric Moreault, 45 signataires de la salle de rédaction du Soleil et l’Exécutif du Syndicat de la rédaction du Soleil (FNC-CSN)

La profession de journaliste se meurt dans l’indifférence. L’annonce de la fermeture des salles de nouvelles de TQS est la dernière catastrophe d’une longue série qui mine l’exercice de la profession de journaliste au Québec. C’est assez! Beaux discours et vagues promesses doivent céder la place aux actions concrètes de tous pour garantir la survie et l’indépendance de ce rôle-clé de la santé démocratique d’une société.

La vague de sympathie entourant la mise à pied éventuelle de 270 employés de TQS masque mal une certaine apathie et un malaise entourant l’information au Québec. Les journalistes sont inquiets de la détérioration des conditions dans lesquelles s’exerce la profession, tel que le démontre de façon éloquente une enquête du professeur Marc-François Bernier, dévoilée en février au colloque Médias et démocratie organisé par la Fédération nationale des communications (CSN).
Mai 27, 2008
Pascal Decailler, Tribune de Genève |

« Gestionnaire de plate-forme » : ça n’est pas une annonce pour un poste de concierge dans la prospection pétrolière en mer du Nord, c’est la nouvelle définition du journalisme. Elle a été libellée, comme telle, ce lundi 19 mai 2008, aux alentours de 09.57h, dans l’émission Médialogues, au demeurant excellente, sur la Première.

Je suis entré dans ce métier voilà bientôt un quart de siècle, je lui ai donné toutes mes forces, beaucoup de passion, des années d’écrit, vingt ans d’audiovisuel, des amis, des ennemis tenaces, la santé qui essaye de suivre, mais je ne savais pas que j’étais un gestionnaire de plate-forme. C’est fou, tout de même, ce qu’on peut s’ignorer soi-même. A s’étrangler de ciguë, non ?

Je pensais, un peu naïvement, à mes débuts, au « Journal de Genève », au milieu des années 80, qu’il y avait dans ce métier une mission d’information, une fonction républicaine : faire vivre la Cité, dans toutes ses tensions dialectiques. Et puis, aussi, parallèlement, proposer une vision éditoriale : les uns vous encensent, d’autres vous conspuent, mais enfin c’est vous, vous êtes responsable : j’ai toujours considéré l’exercice du commentaire comme un acte de liberté, ou tout au moins de patient affranchissement, où l’individu, comme en ombre chinoise, doit exister très fort. Là aussi, on me rejoint ou non, mais c’est ma vision. Celle aussi, je le sais, celle de pas mal de confrères et consœurs qui osent plus ou moins le dire tout haut.  Elle aurait pu être, bien avant nous tous, la vision d’un Docteur Stockmann, le héros de « L’Ennemi du Peuple », de Ibsen : je vois encore Jean-Louis Hourdin, de façon si bouleversante, l’incarner. Ibsen, Norvège, pétrole, plates-formes : tout se tient.

Mai 27, 2008 - Posted by Frederick Bastien
Frédérick Bastien, ProjetJ.ca |

Peu avant les primaires de l'Ohio, le gouvernement canadien et le chef de cabinet de Stephen Harper, Ian Brodie, étaient plongés dans l'embarras alors que des fuites mettaient en doute la sincérité des principaux candidats démocrates quant à leur ambition de renégocier l'ALÉNA.  Le greffier du Conseil privé remet en cause le rôle joué par les journalistes dans cette affaire.  Dans son carnet, le journaliste Maurice Godin craint que cela n'incite le gouvernement fédéral à se refermer encore un peu plus face à la presse et à resserrer les règles relatives aux documents et rapports diplomatiques.
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