Idées
Par Josée Boileau, Rédactrice en chef, Le Devoir
Nous sommes tous, collectivement, à la recherche du scoop, et cette quête prend parfois, comme la semaine dernière, une tournure frénétique, et des sources sont bien heureuses de nous alimenter, et nous sommes bien contents de les écouter, ce qui nous fera vendre ou remarquer. Dans cette effervescence, on en oublie parfois ce réflexe de base: vé-ri-fier.
Le journalisme indépendant est l'avenir de la profession, et non une voie de garage précaire. C'est la thèse que défend la journaliste Mariève Paradis, de l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), dans un texte publié sur ProjetJ en réaction à un récent article de Nathalie Collard, de La Presse, portant sur la précarité des jeunes journalistes. Les deux professionnelles ont échangé leurs idées sur Twitter. ProjetJ en a compilé la substance.
Par Mariève Paradis
Dans le domaine des affaires, une personne qui a l’ambition de créer sa propre entreprise est courageuse, ambitieuse. Par contre, un journaliste qui quitte un poste permanent ou surnuméraire (qui pourrait mener à une permanence dans un avenir obscur) est fou, selon ses collègues syndiqués! L’entreprenariat n’est pas favorisé dans le domaine du journalisme. On parle plutôt de précarité. Pourtant, la pige est une vision d'avenir.
Par Colette Brin
Le travail sur le terrain doit aussi être repensé afin de réduire la distance géographique et psychologique entre les journalistes, leur public cible et les populations défavorisées
Par Nadia Seraiocco
Ventes de publicités pour les entreprises et communication non passée par le filtre du journalisme pour les autres, c’est peut-être à ça que toute cette histoire se réduit…
Par Mickaël Bergeron
Le Québécois veut que ses médias lui ressemblent parce que sinon les autres médias ne parlent jamais de ce qui se passe chez lui. La Côte-Nord n’existe pas dans les médias nationaux comme le Québec n’existe pas sur CNN, TF1, Fox News, Le Monde, etc. Ce qui est une volonté de représentativité est toutefois devenu un cercle vicieux. Un peu comme le showbusiness québécois qui a son propre «star system», l’information a fini par créer sa propre bulle.
Par Cécile Gladel
Le réflexe de s’occuper exclusivement des nouvelles les plus proches de notre vie, de notre monde est triste, même préoccupant. Il faut parfois se regarder le nombril, mais à trop le regarder, on se renferme sur soi-même, on se coupe des autres, on ne s’enrichit plus des autres idées, de la Planète où on vit. On devient comme la Corée du Nord, un pays obscur, pauvre.
Par Joëlle Robillard
Les nouvelles recrues québécoises du journalisme seraient peut-être plus optimistes face à l'avenir si le travail de pigiste semblait offrir une qualité de vie désirable, et si la profession leur donnait les moyens nécessaires pour protéger la démocratie plutôt que de les réduire à se conformer aux besoins d'un marché. Un titre de journaliste professionnel changerait la donne.
Par Pascal Lapointe
En avril dernier, 87% des membres de la FPJQ ont voté pour la création d’un titre de journaliste. Mais il y a deux semaines, des représentants de la FPJQ ont décidé que ce n’était plus une bonne idée. On n’est plus très loin des 99%, là. Un «Occupons la FPJQ» serait peut-être de mise au congrès?
Pour couvrir la famine et la guerre qui touche la Somalie voisine, les journalistes se massent au Kenya dans le plus grand camp de réfugiés au monde, Dadab. Le plus souvent, ils sont hébergés par les ONG qui s'arrachent leur attention. Face à l’explosion du nombre d’organisations non gouvernementales – elles seraient plus de 650 au Kenya seulement, contre 120 en 1978 – la relation entre professionnels de l'information et humanitaires est souvent ubuesque. Illustration du dessinateur Rash Brax pour Youphil.com.
Idées
Commentaires, billets, débats et coups de gueule par des passionnés du journalisme. Les textes publiés ici expriment l'opinion de leurs auteurs et non celle de ProjetJ, ce ne sont pas des éditoriaux.
"Je n'écris pas pour que vous pensiez comme moi; j'écris pour que vous pensiez." - Anna Marie Quindlen.
Faites-nous parvenir vos textes (environ 700 à 1000 mots).

Musée d'Art contemporain de Oaxaca, OAX., Mexique © PeroBikoze

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.
Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani
ProjetJ
| Prix du président 2012 | |||
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| Les grands prix du journalisme indépendant 2011 Anne Caroline Desplanques | |||
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