Idées
En ce 6 décembre, ça fait 40 ans, jour pour jour, que je pratique ce merveilleux métier de journaliste.
Le 6 décembre 1967, oui, la première édition du « Rimouskois », alors dirigé par mon oncle, Philippe Leblond, avec Georges Saint-Pierre, publicitaire (comme on disait à l’époque), et moi-même comme journaliste, apparaissait sur le marché des médias rimouskois. Elle avait six pages et annonçait, à la une, les rénovations à
la Cathédrale. Un an plus tard, l’édition du 4 décembre 1968 comptait… 36 pages. Et l’hebdo n’a pas cessé alors de prendre de l’expansion. Et moi, d’apprendre, de la rédaction au montage, et d’apprécier mon métier, que dis-je, ma profession, une vocation, dans un milieu dynamique et qui a bien accueilli ce nouvel outil d’information.
According to Le Devoir, the FPJQ (Quebec’s professional journalists association) polled its members about the state of the media, and overwhelmingly they said that quality is deteriorating and sensationalism is replacing proper news judgment.
Naturally, management at the media outlets disagreed. Even the Journal de Montréal’s George Kalogerakis says with a straight face that they don’t sensationalize or exaggerate the news (full-disclosure trivia: He hired me for my first job at The Gazette, then promptly left the city editor position for a big-money offer at the Journal)
Patrick Lagacé, for his part, blames us, the readers. He says that with the Internet giving us access to so many points of view, we have no excuse not to be well informed about the news.
Comique. Huit règles du journalisme moderne telles qu'édictées par Michael Rosenberg, du Detroit Free Press. J'en ai traduit cinq qui peuvent très bien s'appliquer au journalisme d'ici (malheureusement)...
1. Ayez le sens de l'équilibre. Peu importe ce que n'importe qui dit, trouvez quelqu'un qui dit le contraire. Si un scientifique prétend avoir trouvé un remède pour le cancer, trouvez-en un qui prétend que le cancer n'existe pas.
2. Lorsque vous avez à décider quelle tragédie nécessite la plus importante couverture médiatique, utilisez une équation simple: 10 000 étrangers = une jolie poulette Américaine.
Un peu plus à l'ouest, au Manitoba, un arbitre a empêché une fillette musulmane de participer à une compétition de judo avec son voile.
Entendu de la bouche de la commissaire Andrée Noël lors des
audiences du CRTC à Gatineau sur la diversité des voix dans les médias le 19
septembre dernier :« Pourquoi donc doit-il y avoir plus d’un journaliste pour couvrir un événement comme un feu? »
Je n’en revenais pas. Je n’en suis toujours pas revenu. Cette petite phrase lancée par une des commissaires de l’organisation censée faire la loi dans le monde des médias électroniques veut tout dire. Je le crains. Le Far West en information, c’est vraiment pour bientôt.
Le reportage sur Saïd Jaziri à Enquête cette semaine n'était pas encore diffusé que déjà nous recevions des lettres de protestation. Notamment, cette dame qui nous dit qu'elle en a RAS-LE-BOL (les majuscules sont d'elle dans sa lettre) de ce débat sur Jaziri. Qu'elle ne regarderait pas notre émission. Qu'on doit cesser d'en parler. Elle ne comprend pas pourquoi une équipe comme la nôtre ne ferait pas confiance à Immigration Canada dans sa décision de déporter l'imam tunisien dans son pays.
D'autres nous ont écrit pour nous crier des bêtises ou pour nous insulter. Un téléspectateur a même déjà déposé une plainte officielle à l'ombudsman de Radio-Canada de façon « préventive », avant que le reportage n'ait été diffusé!
À l'occasion de la sortie du nouveau hors-série de Courrier international, Claude Leblanc, rédacteur en chef adjoint, répond aux questions des internautes.
villegagnons : Le web 2 est mort depuis un mois environ, on en est au web 3 !
Claude Leblanc : Pour les geeks, nous en sommes au web 3, voire au web 4. J'ajouterai qu'actuellement même chez ceux qui "pensent" le web de demain, la définition de ce qu'est le web 3.0 n'est pas encore bien claire. Pour certains, cela désigne la troisième décade du web 2010-2020. D'autres parlent du web sémantique comme étant le 3.0. On verra. Je ne suis pas devin, mais il est vrai que depuis son avènement le web se développe progressivement grâce aux contributions de plus en plus importantes des internautes eux-mêmes. Je crois que le web 3.0, c'est l'utilisation intelligente et ordonnée de ces contributions que l'on voit s'étendre avec le web 2.0.
Le 19 septembre dernier, le Conseil d’administration de l’auguste Société Radio-Canada annonçait qu’elle mettait un terme à son affiliation avec les stations régionales de TQS à Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay. Elle entend dorénavant desservir directement ces régions avec l’ensemble des plateformes de diffusion qu’elle opère dans le cadre de son mandat à l’égard des régions. Fondamentalement, la nouvelle laisse prévoir que Radio-Canada accentuera sa présence régionale. Très bien.
Multiculturalisme, accommodements raisonnables et diversité sont revenus hanter les pages d'opinion des journaux canadiens-anglais. Et, encore une fois, il y en avait pour tous les goûts, bien que de plus en plus de commentateurs invitent le reste du pays à ne pas se croire au-dessus de la mêlée.
Le débat actuel a rappelé à Angelo Persichilli, du Toronto Sun, une question qu'il posait en 1995 à un ministre fédéral: «Si le multiculturalisme réussit si bien à amener les gens de cultures différentes à vivre ensemble, pourquoi le Canada risque-t-il de se briser à cause de notre incapacité à faire cohabiter les cultures française et anglaise?»

Le concept de journalisme citoyen, porté sous des formes diverses par de nombreux sites citoyen, me parait, pour au moins trois raisons, être une impasse.
Restant dans le paradigme du journalisme, il met au centre de son projet la collecte et la vérification de l’information. Or, ce dont nous souffrons actuellement ce n’est pas d’un manque d’information mais d’un manque de réflexion. Nous sommes de plus en plus incapables de penser ce que nous faisons, comme le disait dès la fin des années 50 Hannah Arendt. Ce mal s’est dramatiquement accentué depuis. La raison d’être de sites citoyens devrait se situer là. Fournir des lieux d’élaboration de réflexion plurielle et collective. En privilégiant l’actualité immédiate, en réagissant aux "manques ou aux manipulations" des médias traditionnels, en répondant à une logique de l’audimat importée de la télévision, les sites citoyens se fourvoient. Le débat se concentre sur le contrôle et l’exhaustivité des informations alors que la vraie question est celle de la pluralité et de la richesse des réflexions.
Idées
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"Je n'écris pas pour que vous pensiez comme moi; j'écris pour que vous pensiez." - Anna Marie Quindlen.
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Musée d'Art contemporain de Oaxaca, OAX., Mexique © PeroBikoze

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.
Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani
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