Lectures

juin 05, 2008
2007, 414 p.,  Éditions Le Livre de Poche

C'est la boîte de nuit porno où travaillait Jossie, dix-neuf ans, que l'on vient de découvrir étranglée, nue, dans un cimetière de Stockholm. Pour la police, c'est une énigme totale. Pour Annika Bengtzon, journaliste stagiaire dans un quotidien à sensation, c'est l'occasion de montrer de quoi elle est capable. Bouleversée par le destin de Jossie, elle va se lancer à corps perdu dans l'enquête. Un défi périlleux. Car, à l'autre bout de la chaîne, se trouvent des milieux particulièrement louches où la vie d'une jeune fille, pas plus que la réputation d'un ministre, ne pèsent très lourd... Vendu à un million d'exemplaires en Suède, traduit dans vingt pays, ce premier roman de Liza Marklund impose un suspense de grande classe. Non sans se livrer à une critique virulente des manipulations de certains médias.
Mai 22, 2008
Quelle place pour les médiateurs ?

À l’heure de la démocratie participative, de l’interactivité, du « journalisme citoyen » (ou du « citoyen journaliste » ?), l’organisation de la relation entre un média et son public fait de plus en plus débat. Les forums en ligne se multiplient où chacun, amateur ou professionnel, acteur ou spectateur, vient donner son point de vue sur le traitement de l’actualité ou sur le comportement de tel ou tel organe d’information. La fréquence et la spontanéité de ces échanges est un baromètre, parmi d’autres, de l’intérêt du public pour l’espace médiatique. Cette montée en puissance de la parole citoyenne, sur fond de technologies toujours plus nouvelles et toujours plus performantes, pourrait laisser croire que les lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs, viennent seulement d’avoir leur mot à dire. Ce serait oublier un peu vite les médiateurs de presse.

On sait que la fonction trouve son origine dans la Suède du début du 19e siècle, même si à l’époque elle ne concernait pas la presse et s’il faut distinguer le médiateur de l’ombudsman (cf. Marc-François Bernier). Au début des années 1970, les médiateurs de presse apparaissent aux États-Unis, puis au Canada. En France, le premier aura été celui du quotidien Le Monde (André Laurens, en 1994).

Le dossier de ce numéro des Cahiers du journalisme fait le point sur cette fonction jeune encore, et qui s’exerce maintenant dans un contexte où le « public a décidé de s’installer durablement dans la critique des médias et de l’élaboration de la production éditoriale » (cf. Patrick Pépin). À quoi sert un médiateur de presse ? quelles sont les limites de la fonction ? sur quoi repose sa légitimité face au développement des blogs, des commentaires en direct et autres modes d’expression du public ? en quoi l’expression critique du public est-elle prise en compte ? quelles procédures mettre en place pour mieux garantir l’indépendance du médiateur ? Si ce dossier apporte plusieurs éclairages sur la fonction de médiateur de presse, il ne saurait clore le débat sur la responsabilité des médias et des journalistes. En France, une « association de préfiguration d’un conseil de presse » a vu le jour fin 2006. Inspirée des exemples suisse ou québécois, la mise en place d’un tel conseil vise à offrir un espace commun où, précisément, les tensions éthiques concernant les médias et leur fonctionnement pourront être analysées et publiquement débattues (cf. Nathalie Dollé).

Face à la « défiance grandissante d’une majorité de citoyens au regard de l’information qu’on leur propose », les journalistes et organisations professionnelles réunis à Lille et Arras en mars 2007 pour leurs premières Assises ont diffusé un appel solennel par lequel ils s’engagent à « élaborer une charte d’éthique et de déontologie commune à toute la profession. Inspirée des textes existants en France et en Europe, elle définira les droits et les devoirs des journalistes aux fins d’être annexée à la Convention collective des journalistes » (Les Assises Internationales du journalisme).

L’École supérieure de journalisme de Lille, pour sa part, est engagée dans la mise en place de la Fondation « Médias et Citoyens » qui aura pour objet d’encourager toutes formes de dialogue entre les journalistes et les entreprises, les responsables politiques et associatifs, les élèves et les enseignants.

On le voit, nombreuses sont les initiatives qui visent à apporter une réponse aux attentes de journalistes, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, en quête de sens et à la recherche d’une juste définition des responsabilités de chacun. On ne se plaindra pas ici de cette (très relative) abondance. Il faudra tout de même recenser dans quelques années les vraies mesures qui auront été prises pour installer médias et citoyens dans une relation mieux assumée, plus mûre. Une fois la distinction établie entre les effets de mode ou les approches commerciales et les démarches davantage reliées à une préoccupation éthique, la place du médiateur sera peut-être renforcée.

Cahiers du journalisme
Mai 16, 2008
Les Assises du Journalisme présente une sélection d'ouvrages d'intérêt en journalisme. En voici un aperçu, le reste de la bibliographie est disponible sur le site |

. Jean-Pierre Bédéï, L'info-pouvoir - Manipulation de l'opinion sous la Ve République, Acte Sud, février 2008

. Philippe Cohen, Elizabeth Lévy, Notre métier a mal tourné, Mille Et Une Nuits, janvier 2008

. José de Broucker, Emmanuelle Hirschauer, Pratique de l'information - Les fondamentaux, Victoires, janvier 2008

. Jean-Marie Charon, Les journalistes et leur public : le grand malentendu , Vuibert, octobre 2007

. Albert du Roy, La mort de l'information, Stock, septembre 2007

. L. Guéry, S. Lutz-Sorg, Le secrétariat de rédaction, Victoires, septembre 2007

. Michel Mathien, Les journalistes - Histoire, pratiques et enjeux, Ellipses - Infocom, juin 2007

. Denis Ruellan, Le journalisme ou le professionnalisme du flou, PUG, mai 2007

. P. Antilogus, P. Trétiack, Oui vous pouvez devenir journaliste en 48h chrono, Nils Editions, mars 2007

. Antoine Perraud, La barbarie journalistique, Flammarion, janvier 2007
Mai 16, 2008

Sébastien Bohler, Éditions Dunod |

Les découvertes les plus surprenantes de la psychologie cognitive en 150 comptes-rendus d’expériences pour mieux comprendre... comment les médias (presse, télévision, radio) nous influencent quotidiennement, dans tous les domaines de notre vie : émotions, choix, achats et opinions.

Sommaire :

Exemples de questions : Pourquoi trouvez-vous que le monde est devenu dangereux ? Pourquoi avez-vous du mal à éteindre votre télévision ? Pourquoi les informations angoissantes durcissent-elles vos opinions politiques ? Pourquoi vous méfiez-vous des OGM ? Pourquoi ne savez-vous plus pour qui vous allez voter quand vous avez vu des personnalités politiques dans des émissions « people » ? Pourquoi ce candidat à l’élection présidentielle a-t-il l’air tolérant lorsqu’il pose à côté de ce chanteur grand public ?
Mai 15, 2008
Narvic, Novovision.free.fr |

Voyage au pays des soutiers de l’information en ligne, ces journalistes invisibles, « hybrides » et « dominés », qui travaillent dans les sites web d’information...

Le chercheur voit dans ce journalisme d’un nouveau type « un laboratoire pour le journalisme du futur », qui se développe « sous l’emprise du marketing » et détourne les outils et la culture participative du Web 2.0 et du journalisme citoyen pour conforter les « médias marchands » face à des internautes réduits au rôle de client et de consommateur...

Si Yannick Estienne ne voit pas là « la fin du journalisme », il s’agit bien tout de même d’une transformation en profondeur...

« Le journalisme après internet », Yannick Estienne, L’Harmattan, 2007, 313 p., 31
Mai 14, 2008
Ahcène Tahraoui, ElWatan.com |

L’ouvrage propose des conseils divers pour la création de journaux électroniques et de blogs personnels. Le guide du cyberjournaliste (Le journalisme sur internet) est le titre d’un livre que vient d’éditer à compte d’auteur Belkacemi Mohand Saïd.

Le nouvel ouvrage de notre confrère de l’APS comporte des conseils de conception et d’administration d’un site internet et diverses informations ayant trait à ce moyen moderne de communication. Selon l’auteur, au plan journalistique, ce guide s’adresse principalement aux étudiants en journalisme qui voudraient commencer à s’exercer à leur futur métier en créant des blogs ou des pages personnelles sur internet tout en poursuivant leurs études, aux diplômés de l’université qui n’arrivent pas à trouver un emploi mais qui pourraient créer des journaux électroniques dans leur région qu’ils pourront financer avec de la publicité et enfin aux journalistes en activité dans des médias publics ou privés qui souffrent de la censure qu’on leur impose ou de l’autocensure qu’ils s’appliquent pour des raisons particulières.
avr. 29, 2008 - Posted by Colette Brin
Sébastien Homer, L'Humanité |

Le Journaliste et le Sociologue, textes de Robert E. Park réunis par Géraldine Mulhmann, préface de Edwy Plenel. Éditions du Seuil, 2008.

Certes, le titre est trompeur.

Pas question ici de décrire les apports des sciences sociales au journalisme. L’ouvrage résume à merveille le parcours de Robert E. Park, qui, avant d’être l’un des fondateurs de l’école de Chicago de sociologie, fut journaliste et consacra une bonne partie de son travail à la presse. Or, les textes réunis là, bien que datant des années 1940 et 1950, sont d’une actualité saillante et d’une utilité salutaire en cette période de mutation des médias où aucun journal n’est épargné par la crise, où la critique des dérives de la presse fait trop souvent l’économie d’une démarche « compréhensive » à l’égard d’un secteur méconnu parce que méprisé.


avr. 25, 2008 - Posted by Colette Brin
Pierre Assouline, La république des livres/Le Monde |

L’éditeur va peut-être un peu vite en présentant Autoportrait d’un reporter (traduit du polonais par Véronique Patte, 170 pages, 19 euros, Plon) comme le “testament” de Ryszard Kapuscinski.
avr. 23, 2008 - Posted by Bruno Maltais
Sylvie Arsever, Le Temps |

« L'apparition de médiateurs dans les médias est bien le signe que la fonction de médiation de ces derniers n'est pas accomplie à hauteur des attentes du public. Mais le médiateur répond aussi à une question ancienne: si la presse est, ce qui se discute, un quatrième pouvoir, qui contrôle ce pouvoir?» - Daniel Cornu

Médiateur du groupe Edipresse après avoir été neuf ans celui de la seule Tribune de Genève, Daniel Cornu raconte ce métier peu connu dans un ouvrage récent :
« Médias mode d'emploi, le journaliste face à son public ». Ed. Labor et Fides, 2008.
avr. 22, 2008
Éditions Boréal |

* À consulter aussi, l'article de Rima Elkouri, Rebelle comme Adèle

Les événements que relate ce livre se sont déroulés entre deux consultations populaires : le plébiscite sur la conscription de 1942 et le référendum de 1980. Au cours des ces quarante années, le Québec a connu une profonde transformation. La vie d’Adèle Lauzon incarne à merveille cette transformation. Elle a grandi à une époque où Maurice Duplessis en personne pouvait se formaliser des articles qu’elle faisait paraître dans le Quartier latin. Mais, lorsqu’en 1950 elle s’embarque sur l’Empress of France, c’est tout son horizon qui bascule. Elle découvre une Europe encore divisée par la guerre, mais où les idées et les arts sont autrement prisés qu’au Canada français. C’est ainsi qu’après avoir sillonné la France avec les camarades Jacques Languirand et Hubert Aquin, elle découvre le communisme, en même temps que l’amour, et qu’elle se retrouve à une fête du Parti en train de danser dans les bras de Paul Eluard.
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Responsable de section: Chantal Francoeur. Professeure à l'École des médias de l'UQAM, Mme Francoeur était, jusqu'en mai 2010, journaliste d'enquête à la radio de Radio-Canada. Elle s'intéresse particulièrement à la convergence, aux radiodiffuseurs publics, aux méthodes journalistiques et à la culture audio.

      

   

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.

Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani