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On ne peut vraiment plus se fier à rien ! Il semble si naturel de croire que les décisions des tribunaux, en matière de diffamation ou de respect de la vie privée par exemple, ont pour effet de refroidir les ardeurs des journalistes (le prétendu mais non moins populaire « chilling effect »), de les inhiber au point de priver le public d’informations importantes.
Or, les enquêtes empiriques nous invitent à questionner ce qui semble être une croyance ne reposant sur aucune donnée probante. À la limite, on peut même soutenir que la prétendue inhibition n’est en fait qu’une pratique journalistique responsable, conforme à l’éthique et à la déontologie. La crainte de poursuites favoriserait la rigueur plutôt que l’autocensure.
Par Chantal Francoeur
La convergence n’a pas d’impact sur la diversité des nouvelles. L’affirmation étonne mais c’est le constat de chercheurs canadiens qui ont étudié trois entreprises de presse en 2007. Colette Brin, Kai Hildebrandt, Lydia Miljan et Walter C. Soderlund ont analysé les contenus des groupes CTVglobemedia, Canwest Global Communications et Quebecor. Ils ont découvert qu’il y avait très peu d’échange de nouvelles entre les journaux et les télés d’un même groupe.
Les journalistes sont libres de circuler dans la plupart des palais de justice du pays. Néanmoins, la présence des caméras et de tout matériel d'enregistrement est strictement règlementée, voire interdite. Sourds aux contestations des médias, les juges estiment que ces règles protègent les témoins et les victimes, et assurent que les journalistes ne nuisent pas au bon déroulement des procès. Le public partagerait cet avis, selon une étude publiée dans l'International Journal of Law and Psychiatry.
Les chercheurs Ivor Shapiro et Lisa Taylor de l'École de journalisme de l'Université Ryerson mènent actuellement une vaste recherche pancanadienne sur les conseils de presse (CP). Leur objectif: proposer des avenues pour rendre les médias imputables à l'heure où ces organismes ont de moins en moins les moyens et la légitimité d'assumer leur rôle de chien de garde de l'éthique et de la déontologie journalistique.
La moitié des Québécois estiment que la concentration de la presse nuit au droit du public à une information de qualité et que Quebecor Media est le conglomérat qui utilise le plus ses journalistes pour servir les intérêts économiques ou politiques de ses dirigeants, selon le Baromètre des médias 2011 de la Chaire de recherche en éthique du journalisme de l'Université (CREJ) d'Ottawa. - Résultats présentés par Marc-François Bernier, titulaire de la CREJ et membre du comité éditorial de ProjetJ.ca
Les parlementaires sont globalement très critiques à l’égard du travail des journalistes, de la qualité de l’information qu’ils produisent et de leur apport aux débats démocratiques. C'est ce que révèle une étude menée par le Centre d'études sur les médias de l'Université Laval. Intitulée «Les parlementaires de l'Assemblée nationale et les médias: consommation et évaluation des médias», elle a pris le pouls de 211 élus ou ex-lus ayant siégé à l'Assemblée nationale du Québec entre 1956 et 2009.
Les médias de masse traitent très peu de sujets religieux et quand ils le font ils s'intéressent essentiellement aux situations conflictuelles contribuant ainsi à la peur de l'autre et non au vivre ensemble. C'est ainsi que plusieurs participants au Colloque Média et religion, qui se tenait lundi dans le cadre des entretiens Jacques-Cartier, ont décri la couverture médiatique du monde religieux.
Après avoir analysé plusieurs numéros du Winnipeg Sun, le chercheur Pete Hudson de l'Université du Manitoba conclut que le quotidien du groupe Quebecor/Sun est un journal de propagande. Inquiet du poids politique du conglomérat médiatique, il n'hésite pas à mettre en parallèle les liens de l'empire Murdoch avec le gouvernement Cameron en Grande-Bretagne et ceux de l'empire Quebecor avec les conservateurs de Stephen Harper.
Loin de s'abreuver à une source d'information unique, les Américains butinent d'un média et d'une plateforme à l'autre pour s'informer sur leur communauté et leurs choix dépendent des sujets qui les intéressent, révèle une nouvelle analyse du Pew Research Center's Project for Excellence in Journalism. Si la télévision tient toujours le haut du pavé, le glissement massif du public vers Internet se confirme.
Journalistes, chercheurs et politiciens se réuniront à Québec les 26 et 27 octobre prochain pour discuter des répercussions sur la qualité de l'information et sur la démocratie des transformations des pratiques politiques et médiatiques.
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Quelque part à Berlin © PeroBikoze

Le ProjetJ est une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions reconnues oeuvrant dans le domaine du journalisme.
Rédacteur en chef :Jean-Philippe Cipriani
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